Des emplois pour les jeunes, c'est possible
La Belgique reste un pays où il fait bon vivre. C'est l'OCDE, qui regroupe 34 pays développés dans le monde, qui l'affirme. Faisons-nous plaisir, croyons-le ! La pensée positive est bien plus utile pour résoudre ses problèmes que l'amertume ou la mélancolie qui n'engendrent aucune action.
L'emploi, dans notre pays, a relativement peu souffert de la crise. Depuis 2008, le taux d'occupation a légèrement augmenté, même si cela reste très inférieur aux espérances et aux nécessités. Le taux de chômage a baissé, même si son mode de calcul est discutable et discuté et si les amortisseurs (chômage temporaire, intérim, temps partiels...) ont joué à plein. Voyons malgré tout le verre au quart plein plutôt qu'aux trois quarts vide.
Et pourtant, en ce moment où des milliers d'étudiants préparent leurs examens de fin d'études, je veux dire haut et fort combien la situation actuelle en ce qui concerne leur entrée sur le marché de l'emploi est inacceptable. C'est d'ailleurs un point noir pour l'OCDE et un voyant rouge dans les statistiques du chômage. La fin des études signifie trop souvent, pour les lauréats, le début d'une période d'incertitude et de précarité qui laisse de lourdes traces quand elle se prolonge.
Nous vivons en Europe et il est facile de constater que, sauf peut-être dans les pays budgétairement à la dérive, un chômage des jeunes élevé n'est pas une fatalité. Les recettes pour créer des postes de travail sont connues.
Rappelons d'abord que près de 60.000 jobs ne trouvent pas preneurs dans notre pays. Revaloriser les filières techniques, pour inciter davantage de jeunes à suivre des formations – de qualité – qui débouchent sur un emploi, est une priorité.
Ensuite, cassons quelques idées stupides qui continuent à faire des dégâts. Non, il n'y a pas de concurrence entre les aînés et les jeunes ; au contraire, les emplois des uns créent ceux des autres et vice-versa. Et non, tous les jeunes qui sortent des études n'auront pas 2.000 € de salaire net, une voiture, un plan pension et un horaire de 35 heures. Si c'est l'idée que certains se font d'un "emploi convenable", le chômage ne baissera pas.
Enfin, il faut réaliser que les emplois se créent surtout dans les petites et très petites entreprises. Et en tirer les conséquences ou plutôt des solutions comme faciliter les premières embauches. Nous plaidons pour des réductions de charges administratives, fiscales et parafiscales simples, générales et compréhensibles pour les TPE. L'accord de gouvernement prévoit d'abaisser les cotisations patronales pour les trois premiers emplois. Faisons-le vite et fort ! C'est le moment. Les partis politiques au pouvoir y sont favorables et le contrôle budgétaire de la mi-juillet se présente plutôt bien.
Il n'y a donc plus à barguigner. Vous voulez des emplois pour les jeunes ? Aidez les indépendants et les patrons de très petites entreprises à embaucher ! Vous verrez, ils vous le rendront...
Marie-Anne Belfroid, président UCM







