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Thierry Evens
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Les vraies conditions d'un travail décent
L'UCM a pris connaissance avec intérêt de l'étude européenne, relayée dans le "Soir" de ce matin, sur les emplois de qualité et les emplois "indécents". Elle prend acte du constat, peu surprenant, mais conteste avec force les conclusions qui en sont tirées.
Selon l'étude, 14 % des salariés travaillent dans de mauvaises conditions. Ils se trouvent majoritairement dans les "services directs aux particuliers" : vente, soins aux personnes, nettoyage... Ils se trouvent aussi majoritairement dans les très petites entreprises. Et le rapport fait un lien avec l'absence des syndicats dans les PME.
Ce lien est non fondé et vexatoire. Il détourne l'attention des vrais problèmes. Si les conditions de travail sont précaires dans les services aux particuliers, c'est d'abord parce que les marges sont faibles et les charges sociales exorbitantes. Réduire la fiscalité et la parafiscalité sur les bas salaires est une véritable solution.
Ces emplois précaires se trouvent dans les PME, mais aussi dans de très grandes sociétés de distribution et de nettoyage par exemple. Les emplois de qualité, eux aussi, se trouvent en grande partie dans les PME, reconnaît l'enquête.
Cela prouve qu'il n'y a pas de lien avec la taille de l'entreprise. Simplement, les services aux particuliers réclament beaucoup de souplesse et de flexibilité et l'activité est donc mieux formatée pour des petites structures. Elle suppose aussi l'emploi de temps partiels, mais il est faux de sous-entendre que c'est une volonté de l'employeur. C'est souvent commandé par les faits et/ou par la demande des salariés eux-mêmes.
Croire qu'imposer aux PME une présence syndicale améliorerait en quoi que ce soit la situation, c'est méconnaître gravement le terrain. Les "petits" employeurs, quel que soit leur secteur, se battent chaque jour pour maintenir et créer des emplois. Ils donnent à leurs salariés les conditions de travail au minimum prévues par la loi et s'efforcent en tous les cas de garder leurs collaborateurs performants, qui sont la véritable richesse de leur entreprise.
Le dialogue social est direct et automatique. Leur coller sur le dos de nouvelles charges (financières et administratives) et les soumettre à la surveillance de délégués syndicaux n'apporteraient rien d'autre que du découragement et du chômage en plus. Il est bon de rappeler la valeur du travail, qui est indispensable à l'insertion des hommes et des femmes dans la société, et donc à sa cohésion.
Non, un emploi décent n'égale pas automatiquement un emploi syndiqué !
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