Le financement de la reprise d'une entreprise
De nombreuses études réalisées sur la transmission d'entreprises montrent que le financement de la reprise est une pierre d'achoppement majeure à la réalisation de l'opération. Il est important de connaître les attentes bancaires afin de monter un dossier financier valable susceptible de remporter l'adhésion.
Les principales difficultés rencontrées
- Le manque de fonds propres du repreneur. Selon une enquête réalisée par le Cefip (Centre de Connaissance du financement des PME), il apparaît que le financement moyen de la reprise d'une entreprise comprend +/- 20 % d'apport propre. Il semble par conséquent illusoire de vouloir reprendre une entreprise (en bonne santé) sans un minimum de fonds propres ;
- le manque de garanties est également un problème récurrent d'autant plus que les fonds propres sont faibles, que le secteur d'activité est jugé risqué ou que le repreneur dispose de peu d'expérience dans le secteur ;
- l'article 629 du code des sociétés empêchant la société de donner ses actifs en garanties en vue de l'acquisition de ses propres parts/actions renforce la problématique du manque de garanties dans le cadre de la reprise de parts/actions de société ;
- la durée des crédits pour reprendre les parts/actions d'une société est souvent limitée à 7 ans par les banques. Ceci peut peser lourdement sur la capacité du remboursement et rendre l'opération plus difficile à réaliser. A fortiori si la société possède un bâtiment qui nécessiterait un crédit sur une plus longue durée ;
- la sous-estimation des investissements (autres que la reprise proprement dite) peut également mettre en péril la survie de l'entreprise. Avant de reprendre un entreprise, il faut pouvoir estimer les investissements nécessaires à la continuité et même au développement des activités. Si l'entièreté des ressources générées par l'entreprise sert au remboursement du crédit consenti pour son acquisition, l'entreprise risque de ne pas pouvoir faire face au moindre imprévu et son développement peut être hypothéqué.
Le repreneur sera inévitablement confronté à ces différentes contraintes. Son plan financier devra en tenir compte sous peine de perte de crédibilité.
En définitive, l'affaire en vaudra la peine et la banque ne "suivra" que si le plan financier démontre bien une capacité de remboursement sans épuiser complètement la capacité bénéficiaire de l'entreprise.
Dans le cadre du salon Entreprendre qui s’est tenu à Bruxelles en mars 2012, les Agent Relais Transmission de l’UCM en collaboration avec Belfius Banque ont abordé au cours d’une conférence la problématique de la reprise d’entreprise et de son financement.
La reprise est un processus tout aussi complexe pour le repreneur que la cession l'est pour le cédant. Ont été passées en revue les grandes étapes d'une reprise, son impact personnel, professionnel, le changement occasionné pour l'entreprise reprise mais aussi et surtout les modes de financement et les attentes bancaires.






