On investit encore trop peu dans les entreprises dirigées par des femmes. Constat tiré par le Réseau Diane, réseau de promotion de l’entreprenariat féminin porté par UCM, à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes. Le Réseau Diane appelle les gouvernements à faire de la croissance des entreprises menées par des femmes une priorité économique.
Quand elles dirigent une entreprise, les femmes continuent de faire face à des freins structurels persistants, qui empêchent leur boite de grandir normalement :
- L’accès aux prêts et garanties bancaires est plus difficile pour elles
- Ces femmes sont moins présentes dans les réseaux d’investisseurs et lieux de décision financiers
- Elles ne reçoivent qu’1% du capital-risque investi en Belgique
(Source : SPF Economie, chiffres 2017-2021)
Tant que ces déséquilibres subsisteront, la croissance des entreprises dirigées par des femmes restera plus difficile.
Le véritable enjeu aujourd’hui n’est plus la création d’entreprise par des femmes, mais plutôt le soutien qui leur permette de faire grandir leur structure : embaucher, investir et devenir des PME solides, créatrices d’emplois et de valeur pour la Wallonie et Bruxelles.
Passer de la création à la croissance : les priorités du Réseau Diane
Pour transformer le potentiel en performance économique durable, le Réseau Diane formule plusieurs recommandations structurantes :
Un accompagnement renforcé des PME dirigées par des femmes
Intégrer la stratégie de croissance, la gestion financière avancée, la gouvernance, le management, la levée de fonds et l’accès à de nouveaux marchés. Soutenir et structurer les réseaux féminins à forte valeur ajoutée, ainsi que les dispositifs de mentorat portés par des dirigeantes expérimentées, afin de favoriser le partage de bonnes pratiques, d’élargir l’accès aux opportunités stratégiques et d’accélérer la professionnalisation des entreprises.
Corriger les déséquilibres d’accès au financement
Renforcer l’accès aux prêts de développement et aux instruments de garantie. Améliorer l’accompagnement vers les investisseurs et les comités d’investissement. Garantir une représentation plus équilibrée des femmes dans les réseaux de business angels et les instances décisionnelles financières. Mettre en place et publier des statistiques genrées par secteur d’activité en matière d’accès au financement (crédit bancaire, capital-risque, fonds publics) afin d’objectiver les écarts et d’adapter les politiques publiques.
Orienter les femmes vers des secteurs porteurs
Encourager davantage de femmes à s’orienter vers des secteurs à forte valeur ajoutée ou sous-représentés (technologie, industrie, construction). Promouvoir activement les filières STEM (filières scientifiques) dès l’enseignement secondaire. Encourager davantage de femmes à se positionner sur la reprise d’entreprise.
Un choix stratégique pour l’économie
Soutenir la croissance des entreprises dirigées par des femmes n’est pas symbolique. « Soutenir cette croissance, c’est renforcer l’emploi, stimuler l’innovation, élargir l’accès à de nouveaux marchés et consolider la résilience économique de la Wallonie et de Bruxelles », selon Eléonore Dubois, directrice de la sensibilisation chez UCM.
« Le potentiel est là. Il appartient désormais aux décideurs de lever les freins structurels. La croissance se construit. Elle ne se décrète pas. », insiste Sophie Legrand, manager du Réseau Diane.
Les autres chiffres du déséquilibre femmes-hommes dans le monde de l’entreprise
Les femmes indépendantes sont majoritairement actives dans les professions libérales, le commerce et les services - des secteurs souvent moins intensifs en capital et en emploi.
- Les femmes représentent 35,7 % des indépendants à titre principal.
- Leurs revenus professionnels restent en moyenne inférieurs de 28,7 % à ceux des hommes.