Les indépendants et chefs de PME francophones, dans de nombreux secteurs, sont aujourd'hui en colère. Après plus de huit mois de crise, la communication n'est pas à la hauteur des attentes. Elle manque de clarté et de cohérence. De plus, les entrepreneurs empêchés de travailler ont besoin de perspectives et de connaître les aides possibles. Ils sont pour l'instant dans un brouillard insupportable.

Le ministre de la Santé, Frank Vandenbroucke, a reconnu à la VRT que les commerces ne présentaient qu'un risque mineur de propagation de l'épidémie. Selon lui, le gouvernement les a fermés surtout pour provoquer "un choc psychologique."

Cette déclaration – maladroite ou scandaleuse – a mis le feu aux poudres auprès des commerçants. Empêcher des citoyens de travailler, les priver de leurs revenus, est une décision grave qui ne peut se justifier qu'en cas de nécessité. Il n'y a pas d'activité "non essentielle" pour ceux qui l'exercent et leurs clients. Ce n'est pas la bonne manière de faire adhérer la population aux mesures de prudence sanitaire.

Les indépendants et les PME, quel que soit leur secteur, méritent davantage de respect. Le Comité de concertation de vendredi était une nouvelle fois tardif et filandreux. Les décisions prises n'étaient pas claires dans tous les cas et l'incertitude a duré pour certaines activités. Jouer au détective pour savoir si l'on peut ouvrir, et dans quelles conditions, donne le sentiment d'être tenu pour quantité négligeable et provoque le rejet.

UCM demande donc clairement la reprise des métiers de contact (coiffure, esthétique…) et des agences de paris le 15 décembre. Ils ne peuvent pas rester à l'arrêt pour provoquer "un choc psychologique" mais seulement si le risque sanitaire est sérieux, ce qui n'est certainement pas démontré aujourd'hui.

UCM demande également des perspectives pour l'horeca, les cinémas et théâtres… et autres lieux où des précautions sanitaires sont possibles. Une gestion sérieuse de l'épidémie doit permettre de connaître les lieux et comportements à risques et d'agir de façon ciblée. Les entrepreneurs ne peuvent pas aborder 2021 sans savoir quand et comment ils pourront rouvrir et sur quelles aides ils pourront compter.