Le moratoire sur les faillites se termine ce 31 janvier. Dès lundi, des milliers d'entreprises saines, uniquement victimes des mesures prises pour contrer l'épidémie, risquent à tout moment la liquidation forcée. C'est inhumain, économiquement absurde et contraire aux engagements pris.

Nous ne laisserons personne au bord du chemin", avait promis le Premier ministre. La fin du moratoire sur les faillites signifie au contraire l'abandon de milliers d'entrepreneurs.
Nous sommes encore en pleine crise. Les métiers de contact, l'horeca, la culture, le fitness, le secteur événementiel et du voyage… sont fermés, sans perspective de réouverture. D'autres activités (commerce en particulier) tournent au ralenti. Il est impossible aujourd'hui, pour tous ces professionnels, d'envisager l'avenir. Pour UCM, aussi longtemps que durent les mesures de restriction, le soutien des pouvoirs publics doit se prolonger et le moratoire en est un élément essentiel. Il permet d'éviter les faillites évitables et d'envisager un redémarrage plus rapide de l'activité.

La réforme de la "procédure de réorganisation judiciaire" est positive.  Elle devient plus accessible, à un coût plus raisonnable. Mais elle est très difficile à mettre en place, en particulier pour les entreprises encore fermées, aussi longtemps qu'un calendrier de réouverture n'est pas établi.

Pour limiter les effets négatifs de la fin du moratoire, UCM demande qu'au moins, les organismes publics, fisc et ONSS en tête, ne puissent pas assigner et donc se poser en créanciers privilégiés. Les faillites ainsi provoquées auraient un effet domino redoutable sur d'autres entreprises (les fournisseurs des faillis).
Pour permettre aux comptables de présenter des plans d'apurement cohérents, il faut aussi décider l'"hibernation" : les dettes de la période Covid doivent pouvoir être isolées et reportées. La discussion n'a même pas réellement commencé sur cette revendication légitime.
Il est également nécessaire de permettre aux indépendants et PME d'accéder à de l'argent frais. Les solutions déjà sur la table – comme le prêt ricochet en Wallonie ou les prêts Coup de pouce (wallon) et Proxi (bruxellois) pour mobiliser l'épargne privée – sont peu sollicitées. Cela prouve tout simplement qu'il est trop tôt pour exiger des entrepreneurs qu'ils y voient clair dans leurs comptes. Ils ne peuvent pas mesurer leur capacité à rebondir. La fin du moratoire sur les faillites arrive donc beaucoup trop tôt.

C'est une décision dont les conséquences seront désastreuses, y compris sur le moral des entrepreneurs. Beaucoup d'entre eux vont vivre désormais dans la crainte d'une mise à l'arrêt forcée.