Depuis le 1er janvier 2026, une cotisation de solidarité est due en cas d’incapacité de travail. Elle remplace l’ancienne cotisation de responsabilisation liée à l’invalidité de longue durée (maladie de plus d’un an). Cette nouvelle mesure vise à responsabiliser les employeurs face à l’absentéisme prolongé et à encourager la reprise du travail lorsque cela est possible.

Mais qui est concrètement concerné ? Dans quels cas la cotisation est-elle due ? Quel en est le montant et comment est-elle perçue ? Une incapacité de travail prolongée peut entraîner des conséquences financièrement non négligeables pour l’employeur. Nous faisons le point, étape par étape.

La cotisation de solidarité s’applique lorsque l’incapacité de travail d’un travailleur dépasse 30 jours consécutifs.

Elle intervient donc après la période de salaire garanti, lorsque la mutualité prend le relais pour l’indemnisation du travailleur.

Les employeurs visés

La cotisation concerne les employeurs qui occupent plus de 50 travailleurs au cours d’une période de référence déterminée.

Les travailleurs concernés

La cotisation s’applique pour les travailleurs qui remplissent toutes les conditions suivantes :

  • compter plus de 30 jours d’ancienneté chez l’employeur
  • être âgés de 18 à 54 ans
  • les étudiants
  • les travailleurs intérimaires
  • les flexi-jobs
  • les travailleurs occasionnels relevant des CP 144 (agriculture), 145 (horticulture), 302 (HoReCa) et 320 (pompes funèbres) 
  • les apprentis
  • les travailleurs en mi-temps médical 
  • les travailleurs reconnus comme travailleurs handicapés, présentant une limitation psychosociale ou étant considérés comme extrêmement vulnérables, ainsi que les travailleurs en reprise progressive occupés dans un atelier protégé, un atelier social ou une entreprise de travail adapté (CP 327.00, 327.01, 327.02 et 327.03) 
  • les accueillants d’enfants affiliés à un service sans contrat de travail (statut sui generis)
  • les travailleurs statutaires du secteur public
  • La cotisation de solidarité correspond à 30 % des indemnités d’incapacité de travail effectivement versées au travailleur par la mutualité.

    Elle est calculée pour une période de deux mois, de date à date :

    • à partir du 31ème jour d’incapacité
    • et couvre donc le 2ème et le 3ème mois d’incapacité de travail

    En pratique, la cotisation porte exclusivement sur les indemnités versées après la période de salaire garanti.

    Une cotisation calculée automatiquement, avec un impact réel

    La cotisation de solidarité est calculée automatiquement par l’ONSS, sur base des indemnités réellement versées par la mutualité.

    Elle est ensuite perçue via un avis de débit, en même temps que les cotisations sociales trimestrielles habituelles.

    Aucune démarche spécifique n’est requise de la part de l’employeur, mais il s’agit bien d’un coût supplémentaire à intégrer dans la gestion financière de l’entreprise.

    • La mesure s’applique uniquement aux incapacités de travail primaires débutant au plus tôt le 1er janvier 2026.
    • La cotisation est perçue au cours du troisième trimestre suivant le trimestre de début de l’incapacité.
    • La première perception interviendra donc au quatrième trimestre 2026.

    Même si la cotisation est calculée et perçue automatiquement, son impact budgétaire ne doit pas être sous-estimé.

    Anticiper ces coûts permet non seulement d’éviter les mauvaises surprises, mais aussi de mettre en place une gestion proactive des absences et du retour au travail.