La crise du Covid-19 a impacté presque tous les secteurs. Il va donc falloir être pleinement attentif à bien réussir votre redémarrage d’activité.

Certaines sont à l’arrêt, d’autres continuent en effectif réduit ou en diminuant le temps de travail. Ce qui est sûr, c’est que beaucoup d’entreprises ont connu une baisse des commandes entrainant une réduction de la masse de travail et du chiffre d’affaires.

Il est donc indispensable d’éviter un surcout injustifié qui mettrait plus en difficulté votre trésorerie. Par exemple, en évaluant mal le nombre de personnes à remettre en activité.

Voici trois étapes simples sur lesquelles devraient porter votre réflexion.

En vous basant sur une période « normale », d’avant crise, vous devez pouvoir donner un coefficient clair à la reprise.

Si pour vous, la période précédant le 16 mars correspond à la « norme » de votre activité régulière, une moyenne mensuelle en chiffre d’affaires, du semestre qui précède, constitue un bon indicateur *.

Exemple


Vous tourniez à 140 000 € (chiffre d’affaires mensuel moyen) et vos commandes « validées » pour les quatre prochaines semaines sont de 80 000 €. Petit calcul : 80 000/140 000 x 100 = 57,14 %. On peut donc dire que 57,14 % est votre chiffre d’affaires prévisionnel moyen.

Ainsi, si votre personnel, à cette période, était composé de 16 personnes, il faudrait veiller à remettre au travail 57,14 % des 16 personnes, soit 9 personnes minimum.

*Mais il existe des indicateurs plus précis et vous pouvez ventiler votre chiffre d’affaires en nombre de clients (pour un coiffeur par exemple) ou nombre de produits finis (pour un fabricant d’outils). Voyez avec votre comptable pour ce qui est des indicateurs de la comptabilité analytique.

Que vos employés soient en chômage partiel ou complet, il sera essentiel de créer un planning pour les premières semaines de reprise.

Suite de l’exemple

Le planning inclura donc l’équivalent de 9 travailleurs sur 16. Vous devez toutefois garder à l’œil le carnet de commandes afin de pouvoir réagir rapidement en cas d’augmentation ou de diminution de vos estimations.

Il faudra également veiller à la motivation de vos salariés, cet aspect est lié à l’organisation d’une tournante sur les prestations disponibles. Celle-ci permettra de limiter les pertes de revenus de vos collaborateurs. Il est donc important, en termes de gestion de vos ressources humaines, d’éviter de remettre certains de vos collaborateurs au travail en laissant d’autres de côté. L’idéal est de répartir le travail disponible en « jonglant » avec le chômage temporaire et ce jusqu’à la fin de la période autorisée*. Si vos difficultés persistent au-delà de cette période, une demande du chômage économique est aussi envisageable.

Suite de l’exemple


Sur vos 16 collaborateurs, n’en reprenez pas 9 à temps plein en laissant les 7 autres au chômage. Nous vous conseillons d’occuper vos 16 travailleurs dès la reprise, et ce en répartissant le travail disponible des 9 équivalents temps plein nécessaires**.

En agissant de cette manière, vous épargnerez votre trésorerie, éviterez les éventuels licenciements jusqu’à la reprise, et préserverez autant que possible la motivation et la rémunération de votre personnel.

 

*A priori, cette période sera normalement prolongée jusqu’au 30 juin

**Ou moins, si vous avez des temps partiels ou des congés légaux à intégrer dans votre calcul

Après le confinement, il sera important d’évaluer l’impact de ce premier semestre 2020 sur votre chiffre d’affaires annuel. Le but est de voir dans quelle mesure un rattrapage est possible. Il sera également important d’évaluer votre trésorerie, le « free cash-flow », pour savoir si vous êtes capable d’attendre ce que les économistes appellent « l’effet rebond* », sans devoir réduire votre personnel de manière définitive et donc de licencier.

En effet, la mise sur pause des commandes a certainement créé chez vos clients une mise en attente de la consommation. Celle-ci risque donc de rapidement se transformer en une augmentation exponentielle de vos commandes. A ce moment, il serait préjudiciable de vous retrouver en sous-effectif parce que vous auriez licencié trop tôt du personnel compétent, difficile à recruter et à former en urgence.

Vous devez donc suivre cette logique : ne pas licencier trop tôt et attendre la reprise. En effet, au cout économique des licenciements et des futurs recrutements, s’ajoutera la perte de compétences dans l’entreprise. Ces 3 conséquences risquent d’être plus importantes que le maintien « stratégique » de la force de travail antérieure à la crise, durant quelques mois plus creux, surtout si vous aviez la possibilité de bénéficier d’aides**.


En résumé, ne licenciez que si vous êtes sûr de ne pas récupérer le niveau des commandes de l’avant crise dans le courant 2020, voire le premier semestre 2021, ou que le niveau de votre trésorerie vous y oblige vraiment.

*Augmentation de consommation liée à la fin d’une limite (monétaire, temporelle, conjoncturelle).

**Chômage économique, aides régionales, report de charges, exonérations d’impôts ou de taxes, subsidiation(s)…

Dès la reprise, une réorganisation du travail et une bonne gestion de votre personnel sont capitales. Pour redémarrer votre activité de façon optimale, nos experts vous accompagnent.

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