Les chiffres sont éloquents. Entre le deuxième trimestre 2024 et le deuxième trimestre 2025, soit les dernières données officielles disponibles, le nombre de flexi-jobeurs a augmenté de 17,8 %. Le volume de travail ? 15,4 millions d’heures, désormais, et une hausse encore plus marquée, 21,38 %. La croissance du flexi-job souligne d’ailleurs son trait depuis la sortie du Covid. Le nombre de ces travailleurs a été multiplié par trois en quatre ans.
Les chiffres sont éloquents. Entre le deuxième trimestre 2024 et le deuxième trimestre 2025, soit les dernières données officielles disponibles, le nombre de flexi-jobeurs a augmenté de 17,8 %. Le v olume de travail ? 15,4 millions d’heures, désormais, et une hausse encore plus marquée, 21,38 %. La croissance du flexi-job souligne d’ailleurs son trait depuis la sortie du Covid. Le nombre de ces travailleurs a été multiplié par trois en quatre ans. « Ça ne m’étonne pas », pose Matthieu Dewèvre, expert emploi et marché du travail au sein du service d’études. « Le système est de plus en plus connu et, surtout, il va être étendu à de nouveaux secteurs ».
Lancé fin 2015 et alors cantonné à l’Horeca, il sera très bientôt disponible pour l’ensemble des secteurs d’activités, à quelques exceptions près. « L’Arizona a en fait validé deux choses qu’UCM avait demandées », poursuit le conseiller. « La première, c’est qu’il a relevé le plafond salarial, de 12.000 à 18.000 euros annuels, en dessous duquel vous pouvez travailler en flexi-job. Un premier élément pour expliquer la hausse. La seconde, on l’a évoquée, c’est l’élargissement à tous les secteurs. Ce sont, pour nous, des pas dans la bonne direction. Pourquoi ? Parce que tous les secteurs se plaignent de pénurie d’emploi. Nous rencontrons tous les jours des employeurs qui nous expliquent qu’ils cherchent des profils et ne les trouvent pas. Cette idée de pouvoir, donc, effectuer quelques heures chez un employeur, et ceci à un tarif avantageux pour lui, pour UCM, ça a du sens. C’est une des manières de lutter contre les pénuries ».
Quelques heures dans une boulangerie le dimanche matin, pour donner un exemple. Ou dans un restaurant en soirée. Car, et c’est évidemment l’une des conditions intangibles, il n’est pas possible d’être flexi-jobeur à tempsplein. C’est une activité en plus, un à-côté à son occupation principale. « La base, c’est qu’il faut être actif à 4/5e au minimum ou pensionné », souligne Matthieu Dewèvre, précisant que les secteurs qui utilisent le plus ce « modèle » sont l’Horeca et le commerce… en écrasante majorité en Flandre (85 %). « C’est intéressant pour l’employeur car ça lui permet, par exemple, de compléter son planning à une tranche-horaire qui peut ne pas être évidente. Son gros avantage, c’est la flexibilité. Quelqu’un qui vient quelques heures sans que ce soit une complication ou que ça coûte beaucoup plus cher, comme le serait l’intérim. Ce n’est pas du tout de l’emploi low cost pour l’employeur. Mais c’est avantageux aussi pour le travailleur parce qu’il n’y a pas de cotisations personnelles, pas de fiscalité là-dessus. Sans pour autant être un problème pour sa sécurité sociale puisque, par définition, le travailleur qui preste en flexi-job ouvre déjà des droits par ailleurs. C’est pour ça que quand les syndicats nous disent que c’est de précarisation à outrance, nous répondons que ce n’est pas exact ».
Les syndicats sont, en effet, vent debout contre les flexi-jobs. « Parce que ce sont des prestations de courte durée. Parce que selon eux, cela remplace du travail ordinaire. Ce qui est, à mon avis, contestable dans la mesure où c’est justement parce que l’employeur ne trouve pas de candidat correspondant à l’offre qu’il va permettre à un travailleur qui a déjà un emploi de prester quelques heures ailleurs. Donc, si ce modèle n’existait pas, il est très vraisemblable que, dans de nombreux cas, les jobs ne se créeraient tout simplement pas. » On en revient à la pénurie tambourinée par les employeurs…
Reste, et c’est un dernier point à ébaucher, que le Gouvernement entend ouvrir la porte du « flexi » aux indépendants. « C’est, en effet, en discussion », éclaire-t-il. « Pour UCM, c’est quelque chose d’intéressant mais il faut encore trouver le bon critère pour que ce soit praticable pour les indépendants, puisque ce n’est pas nécessairement simple de cadrer. On ne calcule pas un temps de travail d’un indépendant comme celui d’un salarié. Il faut donc trouver la bonne condition pour que le flexi-job ne devienne pas un remplaçant des prestations en tant qu’indépendant. » À suivre, donc…