C’est un sujet qui peut cristalliser des tensions entre collègues : la prise (très) récurrente de pauses pour aller fumer une cigarette, voire tout simplement discuter autour de la machine à café. Existe-t-il un texte réglementaire qui encadre ces arrêts de travail qui peuvent fortement différer d’un travailleur à l’autre ? Le secrétariat social et expert RH UCM fait le point sur la question.

D’un point de vue réglementaire, le SPF Emploi précise que, si une prestation de travail dépasse six heures, une pause « de minimum 15 minutes doit être accordée au travailleur » si aucune convention collective de travail ou arrêté royal ne fixe les règles du secteur. Il n’existe par contre aucune règlementation spécifique en matière de pause cigarette ou café.

Une interdiction de fumer qui date de 2006

En Belgique, l’interdiction de fumer en entreprise a été instaurée au 1er janvier 2006, il y a donc vingt ans. La cigarette électronique est aussi concernée par cette interdiction. Un texte d’UCM de 2006 conseillait déjà que, pour les fumoirs, l'employeur prévoit « un règlement d'accès pendant les périodes de travail », mais que ce « règlement ne peut pas causer une inégalité de traitement entre les travailleurs ».

Il en va de même pour les pauses café et autres pauses papote, tout en gardant en tête qu’un travailleur peut être adepte de la cigarette, du café et du bavardage. L’important ici est d’éviter toute discrimination et, pour un maximum de clarté, UCM conseille aux employeurs d’être le plus clair possible dans leur règlement de travail. Des abus à répétition pourraient par ailleurs mener à des avertissements, des blâmes et, en dernier lieu, à un licenciement.

« Je peux comprendre l’envie exprimée par certains employeurs de contrôler chaque pause de leurs travailleurs, mais je m’interroge également quant à l’effet que de tels contrôles pourraient avoir sur le climat de l’entreprise. Chez UCM, nous recommandons à nos employeurs d’être les plus transparents possibles sur ces thématiques afin de limiter les frustrations. Un règlement de travail clair permet de cibler ce qu’il est possible de faire ou ne pas faire », explique Frédéric Mignolet, directeur général UCM