UCM et UNIZO alertent : les petites et moyennes entreprises, pourtant au cœur de l’économie belge, ne bénéficieront pas de la norme énergétique d’un milliard d’euros, annoncée par le gouvernement fédéral, au contraire des grandes structures.
Le gouvernement fédéral a prévu un budget de 944 millions d’euros pour la période 2026-2029 dans le cadre de cette norme énergétique, via des aides temporaires et des réductions de tarifs de transmission, en faveur d’un nombre limité de grandes entreprises.
Unizo et UCM comprennent que l’on puisse œuvre à la compétitivité des grandes entreprises, et éviter les phénomènes de délocalisation. Mais les PME évoluent aussi dans un environnement très concurrentiel, subissent déjà une structure de coûts moins favorable et ont un pouvoir de négociation plus faible. Bref, le mécanisme de l’Arizona néglige le signal-prix dont l’ensemble du tissu économique a besoin. En effet, lorsque les prix relatifs entre énergies ne reflètent pas les objectifs climatiques, les investissements de décarbonation sont freinés. Cette préoccupation est également soulignée par la Commission européenne dans son évaluation du plan national énergie-climat de la Belgique, qui appelle à corriger le déséquilibre persistant entre les prix du gaz et de l’électricité afin de permettre une électrification compétitive de l’économie. Les PME Belges ont besoin d’un mécanisme de compensation, rapidement.
Prévoir un mécanisme qui profite aussi aux PME
Le gouvernement s’est engagé, dans son accord de majorité, à abaisser les accises sur l’électricité au minimum européen, conformément aux orientations du Plan fédéral énergie-climat. Actuellement, la structure des taxes et prélèvements rend l’électricité structurellement moins attractive que le gaz pour de nombreuses PME. Cette discordance entrave une évolution pourtant indispensable pour la majorité des entreprises, le choix de la décarbonation de nos chaines de valeur et de la réduction de notre dépendance stratégique aux énergies fossiles.
« Nous demandons au gouvernement fédéral de respecter son engagement de réduire les accises sur l’électricité au minimum européen, afin d’envoyer un signal-prix cohérent à l’ensemble des entreprises. Et donc également aux PME, pas uniquement les plus grandes firmes. Tant que ce signal-prix restera déséquilibré, la transition énergétique demeurera hors de portée pour une grande partie des PME », dénonce Anne-Sophie Snyers, secrétaire générale UCM
Ne pas laisser les PME au bord du chemin
Nous sommes convaincus qu'une norme énergétique contribue à la compétitivité et au développement durable, mais elle doit s'appliquer tout autant aux PME, qui représentent la majorité des entreprises en Belgique et génèrent l'essentiel de l'emploi et de la valeur ajoutée dans notre pays. « Ces PME sont tout aussi dépendantes des facteurs externes et évoluent dans le même contexte international et géopolitique que les grandes entreprises. Il n'y a donc aucune raison d'établir une distinction », conclut Bart Buysse, administrateur délégué d’UNIZO.