La période de confinement strict étant terminée, une partie des entreprises belges ont pu reprendre leurs activités en se pliant aux nouvelles règles sanitaires en vigueur. Dans ce contexte, des stratégies pour assurer la meilleure relance possible commencent à prendre forme. L’engagement d’un étudiant peut-il être la solution ? Oui, mais pas n’importe comment.

Afin de faciliter l’engagement d’étudiants, les autorités ont décidé de  :

  • ne pas comptabiliser leurs heures prestées sur le deuxième trimestre 2020, tout en conservant le bénéfice des cotisations sociales réduites et de l’exonération du précompte professionnel, avec pour objectif d’assouplir la limite des 475 heures de travail annuelles permises. Le calcul des heures prestées s’effectuera donc sur les 1er, 3ème et 4ème trimestre 2020
  • ne pas tenir compte, pour le calcul du plafond des 240 heures par trimestre au-delà duquel l’étudiant perd le droit aux allocations familiales, des heures prestées : Depuis le 01/01/2020 en Région wallonne (cela vise tant les étudiants à temps plein, qu’en alternance  et ce peu importe la date de naissance du jeune) et sur les 2ème et 3ème trimestres 2020 en Région Bruxelles-Capitale.
  • ne pas prendre en compte, pour la détermination du plafond des ressources nettes au-delà duquel le jeune n’est plus à charge fiscalement de ses parents, les rémunérations perçues pour les heures prestées sur le 2ème trimestre 2020 (Projet de loi adopté par la Chambre des représentants).

 De nombreux étudiants verront par conséquent leur disponibilité sur le marché du travail sensiblement augmenter.

Des habitudes bousculées

Il est primordial de garder à l’esprit que le quotidien des étudiants a également subi l’impact de la crise du coronavirus : cours décalés, enseignement à distance, examens digitaux… Même si le nombre d’heures qu’ils peuvent prester annuellement augmente, ce n’est pas une garantie de disponibilité inconditionnelle.

Les mesures mises en place pour la tenue des cours et des examens varient d’un établissement à l’autre, et il est fort probable qu’il faille, malgré la difficulté de la situation, faire preuve de flexibilité vis-à-vis de votre étudiant. Comme souvent, la communication sera votre meilleur outil : prenez le temps d’échanger de manière transparente à propos de la situation, des disponibilités et des objectifs de chacun afin de construire une relation professionnelle saine et fiable.

Remplacer un travailleur par un étudiant ?

Si l’un de vos travailleurs est actuellement en chômage temporaire pour force majeure et que l’idée de le remplacer quelques jours par un étudiant vous traverse l’esprit : oubliez-la.

Il n’est strictement pas autorisé d’embaucher un étudiant pour assurer le travail d’un salarié en chômage temporaire pour force majeure. Dans ce cas-ci, le chômage initial de votre collaborateur ne se justifierait plus (puisque vous avez visiblement du travail à fournir) et vous vous exposeriez à de fortes sanctions financières.

En gardant cette notion à l’esprit, engager un étudiant reste bien entendu une excellente manière de vous aider à assumer la charge de travail liée à la relance de votre activité, et un admirable moyen d’offrir à un jeune motivé une expérience professionnelle de terrain.