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Certains employeurs versent à leurs travailleurs des indemnités en contrepartie de la cession de droits d’auteur que détiennent ceux-ci sur des œuvres originales qu’ils ont créées. Ces indemnités sont traitées de manière avantageuse en raison notamment du caractère aléatoire et modeste de ces revenus. La réglementation a été modifiée cette année ; la seconde loi modificatrice a été publiée le 29 juillet 2026. Découvrez ce que vous devez savoir au sujet des droits d'auteur.

Les indemnités pour cession de droits d'auteur sont exonérées de cotisations de sécurité sociale et imposables au taux de 15 % comme revenus mobiliers si toutes les conditions suivantes sont réunies :

  • Oeuvre littéraire ou artistique originale
  • Attestation du travail des arts OU communication de l'oeuvre au public
  • Pas en conversion salariale (sauf si conversion avant 2023 ET déclaration spécifique obligatoire)
  • Montant maximal de 30 % des revenus bruts ONSS
  • Montant fixé conformément aux règles du marché
  • Montant annuel moyen imposable des 4 années précédentes inférieur ou égal à 77 220 €
  • Montant imposable maximal de 77 220 € au cours de l'année civile
  • Montant inférieur à 30 % des revenus imposables de l'année civile si des prestations sont fournies

2 nouveautés en 2026

Les abattements pour frais qui réduisent le montant effectivement imposable, sont désormais uniquement d'application pour les indemnités liées à des activités couvertes par une attestation du travail des arts ordinaire ou plus.

Le régime fiscal avantageux est à nouveau accessible aux indemnités liées à des créations de programmes d'ordinateurs.

Pour pouvoir être qualifiées d’indemnités pour cessions de droits d’auteur et bénéficier du traitement avantageux lié, deux conditions doivent impérativement être réunies :

  • Les indemnités concernent des droits d’auteur sur des œuvres littéraires ou artistiques originales ou des exécutions et représentations publiques d’artistes interprètes

ET

  • Le bénéficiaire de l’indemnité doit détenir une attestation du travail des arts (demande via www.workinginthearts.be) ou l’œuvre concernée doit être destinée à une communication au public, exécution ou représentation publique, ou reproduction (sous diverses formes, notamment écrites, graphiques, photographiques, cinématographiques, sonores ; sur divers supports, notamment matériels et numériques ; par divers modes de transmission, notamment éditorial, radiophonique, télévisuel, théâtral, scénographique, muséographique, réseau informatique, plateforme numérique, métavers, …)

Depuis le 1er janvier 2026, les indemnités pour cession de droits d'auteur octroyées à des développeurs de logiciels tombent à nouveau dans le champ d'application de la réglementation fiscale avantageuse. Les règles sociales ne sont cependant pas modifiées et excluent toujours ces indemnités de l'exonération prévue.

Les indemnités pour cession de droits d’auteur sont exonérées socialement si les conditions complémentaires suivantes sont cumulativement réunies :

  • Le montant total des indemnités pour cession de droits d’auteur accordé au cours des 4 trimestres de l’année civile concernée, n’excède pas 30 % des revenus assujettis aux cotisations de sécurité sociale
  • La rémunération et les indemnités pour cession de droits d’auteur sont fixées conformément au marché
  • L’indemnité est mentionnée dans la déclaration à l'ONSS avec le code rémunération adéquat
  • L’indemnité n’est pas accordée en conversion de la rémunération, de primes ou d’autres avantages rémunératoires.

En cas de non-respect uniquement du seuil de 30 %, seul le montant excédentaire des indemnités pour cession de droits d’auteur est assujetti aux cotisations de sécurité sociale. Les indemnités qui ne réunissent pas une seule des autres conditions doivent être intégralement assujetties aux cotisations ordinaires patronales et personnelles de sécurité sociale.

En cas de conversion antérieure à 2023, l’exonération sociale des indemnités est toutefois accordée (éventuellement limitée) dans le respect de toutes les autres conditions précitées et pour autant que l’employeur ait effectué la déclaration fiscale des indemnités pour cession de droits d’auteur pour les années antérieures et, pour le 31 décembre 2023, la déclaration à l’ONSS du montant converti.

Comment les droits d’auteur sont-ils imposés pour le travailleur ?

Ces indemnités sont imposées distinctement comme des revenus mobiliers au taux de 15 % si les conditions complémentaires suivantes sont cumulativement réunies :

  1. Le montant des indemnités pour cession de droit d’auteur n’excède pas 77 220 € en 2026
  2. Le montant des indemnités pour cession de droit d’auteur n’excède pas 77 220 €/an en moyenne au cours des 4 années précédentes
  3. En cas de prestations effectives liées à l’œuvre en 2026, le montant des indemnités pour cession de droit d’auteur n’excède pas 30 % des revenus totaux.

A concurrence maximum des plafonds (1) et (3), un précompte mobilier de 15 % est prélevé du montant imposable des indemnités pour cession de droits d’auteur, sous déduction éventuelle d’un abattement pour frais de 50 % pour la 1ère tranche (jusque 20 590 € en 2026 ; soit un taux effectif de 7,5 %) et 25 % pour la 2ème tranche (de 20 590,01 € à 41 180 € en 2026 ; soit un taux effectif de 11,25 %). 

Le bénéfice de cet abattement peut, depuis le 1er janvier 2026, uniquement être appliqué si les indemnités pour droits d'auteur sont liées à des activités couvertes par une attestation du travail des arts ordinaire ou plus. Le montant imposable des indemnités ne peut plus être réduit par cet abattement à défaut d'une telle attestation ; le précompte mobilier retenu sur ces indemnités pour droits d'auteurs et tenant compte de l'abattement pour frais, pour les mois déjà écoulés de l'année 2026 ne doit pas être rectifié. Les travailleurs sans attestation doivent donc s'attendre à une régularisation lors du calcul définitif de leurs impôts par le SPF Finances en 2027. 

Vérifiez avec votre fiscaliste, avocat ou comptable si vous réunissez les nouvelles conditions légales.

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